mardi 27 juin 2017

Mots d'été


Ce matin, j'ai reçu une visite lumineuse.

Il a traversé la fenêtre, sans un bruit, comme un vagabond volant une miche de pain négligemment posée sur une table.

Je l'ai aperçu dans le miroir alors que je peignais mes cheveux, regard furtif aux yeux d'or.  
Il a paru surpris de me voir, croyant sans doute trouver la maison vide.

Il a paru intimidé, puis s'est posé sur ma joue - douce caresse -, sur ma main et mon épaule, comme pour me dire qu'il ne m'en voulait pas d'avoir découvert ses visites secrètes. Habit de lumière sur  peau nue. 

Il est allé prendre place sur le fauteuil près de la fenêtre, sans bouger, m'observant vaquer à mes occupations d'été.

Et puis sans un mot, comme un vieil ami qui prend congé, l'astre solaire s'est évanoui.



Chers vous qui me lisez,

Je reprends doucement le chemin du blog, que je n'avais pas totalement abandonné physiquement (le dernier article n'a que deux semaines en fin de compte !) mais par l'esprit. J'avoue l'avoir totalement occulté ces deux dernières semaines, pour me consacrer corps et âme à mes derniers exams de l'année. C'est que je ne tiens pas spécialement à revenir en Août pour les rattrapages, voyez-vous.

Mais voilà, les derniers partiels terminés, l'année est enfin bouclée ! Je me réjouis déjà des jours dorés qui m'attendent, plein d'expérimentations culinaires, de lectures tirées de ma liste-de-titres-à-lire-AB-SO-LU-MENT (il y a beaucoup trop de tirets dans ce terme), de rooibos glacé et de repos. C'est la perspective de ce chouette programme qui m'a fait tenir, durant ces derniers jours où il m'a fallu tout donner pour atteindre la ligne d'arrivée.

Aussi, quelque chose de nouveau se trame par ici, et je fais de petits bonds d'impatience à l'idée de vous en parler. Dans les coulisses, à l'abri des regards, le blog se transforme, se pare de brises marines et renaîtra dans quelques temps. Nouvelle plateforme, un nom de domaine rien qu'à moi et... nouveau nom ! Après plus de deux années à vivre sa petite vie dans cet endroit, la chenille se transforme enfin en un joli papillon prêt à vous chuchoter toutes sortes de mots, photos, recettes et petites histoires.

Stay tuned ! 


dimanche 11 juin 2017

De beaux muffins aux fraises. (VGL)


Tous les samedis matin depuis que la saison bat son plein, c'est le même rituel. Nous nous précipitons au stand des fraises, vite-vite-vite faites-qu'il-en-reste-je-vous-en-prie !, avant de repartir (la plupart du temps. Il y a des jours plus tristes que d'autres, vous savez) avec le petit paquet tant convoité sous le bras.

Jusqu'à présent, je n'avais jamais expérimenté les fraises au four. C'est que cela m'apparaissait comme une hérésie, une atteinte à la dignité de la fraise fraîche. Cela ne se faisait pas, c'est tout. Et puis, récemment, j'ai changé d'avis...

Le problème avec avec ces demoiselles, c'est qu'elles finissent souvent englouties plus vite qu'il ne nous faut pour courir les acheter, et c'est un peu embêtant. On aimerait les faire durer, prolonger le plaisir, pour avoir chaque jour de la semaine un petit rubis frais à déguster.

Seule solution au manque que j'ai trouvée, prolonger le délice par le supplice du four. Notez, ce n'est peut-être pas très judicieux, sous cette chaleur dominical de mois de juin, que de vous proposer d'allumer votre four. Mais je vous le promets solennellement, vous ne le regretterez pas.


Pour 6 muffins


Ingrédients :

- 200 g de farine
- 90 g de sucre complet type Rapadura
- 1 càc de bicarbonate de soude
- 1 pincée de sel
- 2 càS d'huile de coco fondue
- lait végétal, d'avoine ici
- 5 belles fraises

Préparation :
  • Mélanger dans un saladier tous les ingrédients secs, puis l'huile de coco et le lait.
  • Bien mélanger, et rajouter du lait si nécessaire afin d'obtenir une pâte fluide
  • Ajouter les fraises coupées en petits morceaux, et bien mélanger pour les incorporer
  • Préchauffer le four quelques minutes et enfourner pour environ 25-30 min à 170°C



Bon dimanche !

vendredi 2 juin 2017

Oh, at(temps) un peu...


S'il y a bien une chose qui m'angoisse au delà du raisonnable, c'est l'impermanence des choses. Les marques du temps qui passe. Je n'aime rien moins que les fissures dans les murs, les volets écaillés et les départs des gens que j'aime.

La vieillesse me fait peur. Pas la mienne, pas encore, mais celles des objets, de la matière, des situations même. Cette pente invisible et inéluctable que nous fait dévaler le temps contre notre grès, à toute vitesse et sans branches amies auxquelles se raccrocher. Nous sommes des jouets dans le tourbillon de la vie. J'ai toujours eu du mal avec l'imperfection, les cicatrices, enfin tous ces petits signes du temps qui passe et nous rappelle que rien n'est éternel.

Comme si tout devait rester figé dans son essence. Ne pas bouger, ne pas évoluer sous peine de se fissurer instantanément. Je crois que ça a quelque chose à voir avec mon côté perfectionniste, mon besoin de stabilité et de contrôle que je cherche pourtant à maîtriser (ce paradoxe...). J'essaye chaque fois de me raisonner bien sûr, de voir le bon côté de tout ça, parce qu'après tout c'est ça la vie : les changements, les bascules, les virages à 90°, le mouvement perpétuel.

C'est un fait, rien ni personne ne peut y échapper à moins de vivre dans le musée de ses pensées ou de ses souvenirs. Mais c'est un peu triste, quand même.

Toujours, je ne peux m'empêcher de penser à... l'après. A chaque début, chaque commencement, j'envisage la fin, inéluctable. Comment goûter l'instant avec légèreté, comment absorber le moment présent sans penser à la suite, et gâcher le plaisir des retrouvailles ?

Je pense déjà à  "Tu me manques", alors qu'il est là, à côté de moi.


Dis, toi aussi parfois tu ressens l'angoisse du temps qui passe ?